Sinon moi c'est Allan.
Je souffrirai ma vie, je la vomirai s'il le faut, mais je garderai le poids de ma douleur, son exacte mesure. Qu'elle me terrasse, que je ploie, que tout me soit blessure vive, arrachement, déchirure profonde, simple dégout, cela m'appartient, c'est à moi. Je ne veux pas changer l'acuité, même insupportable pour une vacuité stérile où je me perds. Je saignerai là où ça blesse, je hurlerai là où ça crie. C'est ma vie. Je suis un peu grand, pas bien beau, on dit que je suis pas très intelligent. J'ai les yeux marrons et les cheveux noir quand je suis au soleil. J'ai de plus en plus de mal à parler. Les docteurs disent qu'on ne peux rien faire. Ce sont des choses qui arrivent, dit-on. A l'école, j'était de ce que les gens pourraient appeler cancre. Sauf que non. Je comprendrais avant les autres ce que les autres mettent des heures à comprendre. En fait, je crois que j'était un surdoué mais que personne n'a jamais voulu le croire. En dehors des cours, je préférait vivre dans mes rêves, m'allonger sur l'herbe menue et fraîche, et sentir la rosée du matin, ou alors regarder les étoiles le soirs, mais surtout, surtout ne le répétez pas. Les gens sérieux se moquerait de moi s'ils savaient. Ils diraient que je suis fou et que je ferait mieux de me mettre au travail car je ne gagnerait jamais ma vie en restant là. J'aime bien me raconter des histoires dont je suis le héros. Je ferme les yeux et, hop, l'histoire est commencée. Je suis comme ça , j'aime rêver. J'ai des rêves enfouis au fond de moi, et des étoiles qui brillent de milles feux dans mes yeux seulement personne n'a jamais voulu s'en apercevoir. A la maison, on me traite d'ignorant ou bien d'empoter parce-qu'à mon age, je ne suis pas comme les autres garçons. Les autres garçons ils sont tous grands, beaux, et musclés. Ils ont de l'avenir car eux, ont les pieds sur la terre. Moi j'ai juste le regard tragique, comme si je portait tout les malheurs du monde sur mes épaules. Je ne sais pas, peut-être que c'est vrai. Je suis pas de ce monde. Je suis mort de l'extérieur, c'est comme un pantin inanimé, mais à l'intérieur, ça bouge. Oui, ça bouge. Et pas qu'un peu. En faîte je suis fragile, je pourrait me fracasser en milles morceaux à la moindre critique. J'ai une vie, des rêves, et une histoire. Simplement les gens n'ont jamais voulu la lire parce-que les gens ont peur de ce qu'il ne leur ressemble pas.
[ ♣ Ajouter un commentaire ] [ ♠ 6225 commentaires ]

